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Il y a des choses qui ne se contrôlent pas. D'humeur changeante, elle s'allonge sur son lit, veut continuer le bouquin qu'elle a commencé sur le trajet mais se dit que ce ne serait pas raisonnable vu le travail qui l'attend. Tant pis, l'envie est plus forte, et suivre sa raison a, quelque part, toujours été une contrainte. Ayant toujours eu le plaisir de faire ce qu'elle voulait, elle restera déraisonnable. Après tout, elle n'en est pas encore morte ? Elle repris donc le cours de son histoire, la plongeant dans l'univers que l'auteur lui procure, elle comme à d'autres. Les lignes défilent sous ses yeux prenant un sens si semblable à ce qu'elle ressent que les larmes montent. Les lignes se brouillent, d'un revers de manche, elle essuie ses larmes et se replonge dans cet univers troublant, poursuit sa lecture en laissant s'échapper ses fidèles gouttes humides qui finissent leur chute sur sa couette. Prise dans le roman, elle ne voit pas le temps défiler et ce n'est que deux heures plus tard qu'elle lève le nez vers son horloge pour voir que décidément, le temps a toujours été rapide lors de ses après-midis en dehors du lycée. Elle se relève doucement, se rapellant le numéro du chapitre, avide de retourner dans ce monde imaginaire une fois ce qu'elle doit faire, fait. La raison revient toujours. Mais l'appel du piano se fait plus forte, le tourment de ses pensées lui donne un visage soucieux et coléreux. Elle sait pourquoi, mais ne se l'avouera pas. La rage au coeur, elle s'assit sur le tabouret, puis contemple les touches noires et blanches qui s'étalent devant elle. Le volume est au maximum, le casque sur les oreilles elle fait un parallèle entre la chanson de son baladeur et ce qu'elle joue au piano. Un effet un peu jazz, elle accélère. Ses doigts se crispent, la colère monte, son regard se durcit. Elle joue, le temps passe, sa nervosité ne la quitte pas, elle ne veut rien admettre, elle veut y croire même si elle devrait se faire une raison. Décidément. Comment a-t-elle réussi à se monter une pression aussi haute ? Comment peut-elle en espérer autant ? Elle se trompe, recommence. Elle sait que si elle continue, elle va massacrer la mélodie sortant du corps de l'instrument. Soupir. Elle repense à ces moments, et se dit qu'elle se fait des histoires. Elle se ment, elle le sait. Elle se dégoute, cette pensée la traverse l'espace d'un instant, et pourtant semble s'ancrer indéniablement.
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